Tomber sur un personnage
qu’on n’attendait pas.
C’est tout le projet. La carte, les 300 mètres, la marche : rien d’autre que de quoi rendre ce moment possible.
Ce qui m’intéresse, c’est l’instant où l’on découvre sans avoir cherché. On ne prévoit pas de croiser un figurant : il est là, au bas d’un mur, sur une borne, et il n’y était pas la dernière fois qu’on est passé. Personne ne vous l’a montré du doigt — vous l’avez vu, vous.
La zone de 300 mètres n’est pas un jeu de piste : c’est ce qui protège la surprise. Assez pour vous mettre en route, trop large pour vous livrer l’adresse. Sans cet écart, on ne découvre rien — on va chercher un colis.
Et ce ne sont pas des objets posés dans la rue : ce sont des personnages de la vie, qui attendent. Au cinéma, le figurant est celui qui attend qu’on lui donne un rôle — il est là, entier, disponible, avec une journée à donner à l’histoire des autres. Ceux-là attendent dehors, et c’est vous qui passez.
Ils sont pleins d’émotions : une couleur, une taille, une posture, jamais deux fois les mêmes, et chacun repart de l’atelier avec son humeur. Celui que vous ramasserez sera le reflet de la vôtre — on choisit toujours celui qui nous ressemble, le jour où on le croise. Et là commence sa deuxième vie : celle qu’il passe avec vous, sur une étagère, sur un bureau ou au fond d’une poche, à animer un coin de votre quotidien.
Ce n’est pas une chasse au trésor. Il n’y a rien à gagner, rien à rapporter, et personne ne compte les points. Il y a juste une ville à retraverser autrement, et quelqu’un à ramener.
Trois temps, toujours les mêmes
Fabriquer
Résine coulée, poncée, peinte. Une couleur, une taille, une posture : chacun repart de l’atelier avec son humeur, et aucun ne l’a deux fois. Le numéro est gravé sous le pied avant la peinture — il ne part pas.
Poser
Je le laisse en ville, là où il aura l’air d’attendre quelqu’un. Une photo, et je m’en vais. La carte affiche une zone de 300 m — assez pour savoir où chercher, trop large pour tomber dessus sans marcher.
Trouver
Celui qui le trouve entre son numéro et l’emmène chez lui. La zone devient un point, à l’endroit exact — et le figurant commence sa deuxième vie.
Les hauteurs valent pour celles qu’on pose en ville. Il y en a de bien plus grandes, faites pour des occasions.
- Ville
- Marseille
- Matière
- Résine peinte
- Hauteurs
- De 5 à 15 cm
- Rythme
- Un à deux par semaine
- Posés à ce jour
- 0
- Retrouvés
- 0
Je peux le garder ?
Oui — c’est pour ça qu’il est là. Il ne revient pas à l’atelier : sa deuxième vie se passe chez vous. Entrez juste son numéro, pour que la carte sache où la première s’est arrêtée.
Pourquoi 300 mètres ?
C’est cinq minutes à pied, et c’est toute l’idée. En dessous, on vous mène droit dessus et vous ne regardez rien en chemin ; au-dessus, vous renoncez avant d’être sorti. 300 mètres, c’est la distance qui vous fait lever la tête sans vous décourager.
Comment je choisis lequel aller chercher ?
À l’humeur. Chacun a la sienne — sa couleur, sa taille, sa posture — et elles sont sur la carte comme dans l’index. Prenez celui qui vous ressemble aujourd’hui.
Le figurant est au centre du cercle ?
Non, et c’est délibéré. Le centre est décalé au hasard au moment de la pose : le figurant est quelque part dans le disque, et viser le milieu ne sert à rien.
Et s’il disparaît sans que personne ne le dise ?
Sa zone reste sur la carte, en vert, indéfiniment. Un figurant qui attend est encore un figurant : attendre, c’est la moitié du métier.